Interview : Helena Caldeira, actrice de la série Rabo de Peixe
© Faya Neto/Ukbar Filmes
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Écrite et en partie réalisée par l’açoréen Augusto Fraga avec la collaboration de Patrícia Sequeira, Rabo de Peixe (Pêche interdite en version française) bat des records d’audience sur Netflix depuis sa mise en ligne fin mai. Cette série originale portugaise est librement inspirée d’une histoire vraie qui s’est déroulée en 2001 sur l’île de São Miguel, aux Açores, où l’arrivée accidentelle d’une quantité massive de cocaïne ultra-pure par la mer a bouleversé la vie des habitants d’un petit village de pêcheurs.
Aujourd’hui, numéro 1 au Portugal, elle a fait son entrée dans le Top 10 mondial de la plateforme de streaming dès son troisième jour de diffusion. Helena Caldeira, 27 ans, y incarne brillamment Sílvia, l’une des protagonistes.
Originaire d’Alentejo, l’actrice a démarré sa carrière sur les planches. Diplômée de l’École Supérieure de Théâtre et de Cinéma de Lisbonne [ESTC], elle a notamment travaillé un an avec le Teatro Nacional Dona Maria II où elle a eu l’occasion de collaborer avec plusieurs metteurs en scènes importants du panorama culturel portugais comme Tiago Rodrigues et Ricardo Neves-Neves. Elle a bifurqué vers la télévision au cours du premier confinement en passant le casting du feuilleton portugais Bem me quer, puis en jouant dans le téléfilm de Cristina Carvalhar, Armários Vazios. Après une tournée européenne avec le spectacle Trouble, mis en scène par Gus Van Sant, elle fait son entrée sur le devant de la scène internationale avec Rabo de Peixe. Rencontre.

Bonjour Helena, connaissiez-vous l’histoire du village de Rabo de Peixe avant de participer à ce projet ? Vous êtes-vous renseignée sur le sujet ou avez-vous préféré vous laisser guider uniquement par le scénario ?
J’avais vaguement entendu parler de l’histoire et dès que j’ai appris qu’il y avait un casting, j’ai cherché à en savoir plus. Pour moi, le scénario sert uniquement de fil conducteur. Pour créer un personnage, il y a d’abord tout un travail de recherche relatif à l’histoire et au contexte. Pour rendre le personnage réel, nous devons ensuite l’amener à nous. Parfois, certaines choses dans le scénario ne le permettent pas et il faut s’adapter.

Vous avez passé près de deux mois à São Miguel pour le tournage. Avez-vous eu le temps de découvrir l’île, de rencontrer les habitants et d’en apprendre plus sur la culture locale ?
Nous avons eu l’occasion d’explorer l’île, en particulier Rabo de Peixe, avant le tournage. C’était indispensable pour créer un rythme commun entre les personnages et avoir le même imaginaire. Même si l’approche n’était pas documentaire, connaître les gens était essentiel. Nous avons été très bien accueillis. Les garçons sont allés pêcher avec Mestre Mário, Kelly et moi sommes allées avec Claudia et son fils voir le match de football de Rabo de Peixe, nous avons dîné avec Mário, sa famille et ses compagnons de pêche. Ce fut une expérience inoubliable.

Quel est l’endroit auquel vous êtes la plus attachée sur l’île ?
Je crois que c’est Vale das Lombadas. Je m’y suis perdue en m’y promenant lors d’un jour de repos et j’ai eu l’impression d’être dans un monde enchanteur. C’est un endroit magnifique pour se perdre. J’aime aussi beaucoup les Furnas où, en plus des bassins d’eau chaude, la nourriture est bonne et les gens sont sympathiques.

Quand avez-vous fait la rencontre de vos principaux partenaires de jeu, José Condessa, Rodrigo Tomás et André Leitão ? Comment avez-vous fait pour obtenir ce naturel de jeu et cette complicité entre vous à l’écran ?
J’ai rencontré Zé sur le feuilleton Bem me quer et André et Rodrigo à l’ESTC. Nous nous sommes toujours bien entendus. Nous avons également passé beaucoup de temps ensemble avant le tournage… Nous avons fait des répétitions et des exercices d’improvisation. Toutes les conditions étaient réunies pour créer des souvenirs ensemble, pour développer l’intimité et la complicité.

Vous identifiez-vous au personnage de Sílvia ?
Je me reconnais dans certains aspects. Il m’est notamment arrivé à moi aussi de chercher à cacher mes faiblesses en me donnant l’air fort. Comme elle, je préfère également parfois me taire plutôt que d’être au cœur de la fête.

Quelle est la scène que vous avez pris le plus de plaisir à tourner et pourquoi ?
J’ai adoré la fusillade dans la maison de l’oncle Joe, car c’était la séquence la plus riche en action que j’avais. Mais celle que j’ai préféré tourner est la scène de danse du vidéoclub suivie du premier dialogue avec Eduardo. À ce moment là, j’ai vraiment senti que je présentais Silvia. Danser fut un véritable moment de liberté où j’ai vraiment pu faire ce que je voulais.

De nombreux spectateurs regrettent le fait que les personnages de la série n’aient pas l’accent des Açores. Pourquoi ce choix ? Vous seriez-vous sentie capable de relever ce défi ?
Cette décision ne dépendait pas de moi, mais je la soutiens, sachant qu’il n’y avait pas assez de temps de préparation pour que tous les acteurs aient un accent crédible. Nous ne voulions pas courir le risque de ridiculiser les personnages, ni celui de ridiculiser les personnes qui ont naturellement l’accent. Le personnage de Salvador Martinha dit d’ailleurs : « Il n’y a rien de pire qu’un continental qui imite ce qu’il croit être l’accent açoréen ». Pour ma part, je suis d’Alentejo et je trouve qu’il n’y a rien de pire que de voir quelqu’un imiter ce qu’il pense être l’accent d’Alentejo.

La série bat des records d’audience, à tel point qu’une deuxième saison vient d’être annoncée. Comment le vivez-vous ? Avez-vous également d’autres projets pour la suite ?
J’avoue que j’ai été très surprise de la réaction des gens. Je reçois beaucoup de messages positifs et je suis évidemment heureuse de voir mon travail reconnu, même si je sais aussi que c’est passager. Cet engouement et la perspective d’une deuxième saison fait plaisir. En parallèle, je cherche surtout à développer un parcours cinématographique et je me concentre sur les projets de ma compagnie, Bestiário, créée en 2018 avec Teresa [Vaz], Miguel [Ponte] et Afonso [Viriato] que j’ai rencontrés à l’ESTC. En septembre, nous entamons un nouveau projet en coproduction avec le Teatro Nacional Dona Maria II qui fera le tour du pays.

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