Huile d’olive, le juteux business des trafiquants
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Les braquages et les ventes illégales en ligne, notamment par le biais des réseaux sociaux, se multiplient. Il n’est pas question de substances illicites, mais tout simplement d’huile d’olive, ce précieux liquide dont le commerce frauduleux va bon train ces dernières semaines, suscitant l’inquiétude des producteurs et des autorités.

Un manque à gagner sans précédent pour les producteurs

Au cours des dernières semaines, les producteurs d’olives portugais subissent des pillages qui sont l’œuvre de groupes organisés. Menant de véritables raids nocturnes dans les oliveraies, les voleurs parviennent à se constituer un butin considérable. Ils n’hésitent d’ailleurs pas à revenir plusieurs jours de suite dans une même exploitation afin de s’approprier la totalité de la production.

Producteur et président de l’association des oléiculteurs portugais Olivum, João Cortez de Lobão insiste sur les énormes pertes que représentent ces actes malveillants pour les producteurs, surtout pour les plus petits. En une seule nuit, certains d’entre eux voient en effet disparaître la quasi-totalité de leur production, soit l’équivalent d’une année de travail. D’autres optent pour une cueillette anticipée, préférant renoncer à une partie de la récolte, pas encore mûre, plutôt que de prendre le risque de voir leurs arbres dépouillés de la totalité de leurs fruits.

Particulièrement exposés à ces vols massifs, les producteurs de l’Alentejo, dans le sud du Portugal, déplorent des manques à gagner conséquents et sans précédent tandis que la Guarda Nacional Republicana (GNR) – la gendarmerie portugaise – confirme l’ampleur du phénomène. Les forces de l’ordre renforcent leurs patrouilles afin de dissuader les délinquants et de procéder à des saisies lorsque ces derniers ont eu le temps de passer à l’acte. En 2022, une soixantaine de voleurs avaient été arrêtés et 26 tonnes d’olives volées saisies dans la région. Cette année, les chiffres devraient sans surprise être à la hausse. Dans la seule région de Beja (Bas Alentejo), la GNR a déjà identifié plus de 30 individus suspects.

 

Une véritable manne pour les trafiquants

La forte augmentation du prix du kilo d’olives, qui est passé de 5 € en 2022 à près de 8,30 € cette année, a encouragé le juteux trafic d’huile d’olive frelatée. Une situation qui a incité l’Autoridade de segurança alimentar e económica (ASAE) – Autorité pour la sécurité alimentaire et économique –  à renforcer les contrôles afin de garantir la sécurité des consommateurs et de lutter contre l’économie souterraine.

Entre 2022 et 2023, ces opérations ont donné lieu à l’ouverture de 18 procédures pénales pour contrefaçon et fraude sur marchandises portant sur un total de 100 000 litres. Majoritairement issues de mélanges avec d’autres huiles végétales et des colorants alimentaires, les marchandises saisies se distinguent bien souvent par leur piètre qualité. Il y a quelques semaines, près de Beja, les autorités ont procédé à la saisie de 415 litres d’huile de cuisson vendue comme de l’huile d’olive extra-vierge.

Le business illégal de l’huile d’olive ne concerne pas uniquement le Portugal. L’ensemble des pays producteurs semblent en effet touchés. C’est notamment le cas de l’Espagne voisine où pas moins de 74 tonnes d’olives ont été dérobées à une exploitation de la région de Séville, en Andalousie. Toujours en Andalousie, près de Cordoue, les voleurs ont mis la main sur plus de 55 000 litres d’huile d’olive représentant une valeur marchande d’environ 500 000 €. Les vols d’huile d’olive déjà embouteillée sont par ailleurs en nette augmentation en Grèce où l’ombre d’une pénurie attise l’appétit des trafiquants.

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