L’artiste et designer britannique, Emma Make, qui signe la couverture de cette édition, nous partage son amour pour Lisbonne, ses sources d’inspiration allant des librairies pour enfants aux romans dystopiques, et le mélange entre beauté et imperfection dans son travail.
Emma Make est une artiste et designer britannique d’origine mozambicaine, dont le travail vibrant explore avec audace les frontières entre techniques numériques et analogiques. Née à Cambridge et aujourd’hui installée à Lisbonne, elle puise son inspiration dans la nature, les paysages et la faune, transformant ses voyages et expériences en illustrations et motifs colorés et poétiques. Formée en architecture, elle apporte à ses créations un regard structuré et singulier. Emma a collaboré avec des marques telles que Oatly, Penguin Random House et Anthropologie, et son travail a été mis en avant dans de nombreuses publications prestigieuses. Finaliste de la Lisbon Design Week 2024, elle continue de séduire le public avec une vision contemporaine et joyeuse, qui célèbre autant le réel que l’imaginaire.
Votre premier souvenir du Portugal ?
Je suis venue à Lisbonne pour la première fois en 2010, pendant ma dernière année de lycée, à dix-huit ans, avec ma meilleure amie. Nous étions là pour apprendre le portugais et avons logé chez une amie de ma mère à Cacém. Mon souvenir le plus clair est probablement celui d’être assise sur le balcon avec un petit moscatel, en écoutant un podcast. Du centre-ville, je me souviens surtout de la Praça do Carmo la nuit – cela m’a vraiment marquée.
Un lieu à Lisbonne qui vous inspire ?
J’adore la librairie pour enfants It’s a Book. Même si je ne suis pas illustratrice jeunesse, je suis fascinée par le style des illustrations qu’on y trouve. La librairie regorge de créations venant du Portugal et d’Europe, et elle m’inspire constamment. Mon meilleur achat ? Une boîte sur l’artiste Paul Cox, même si tout est en italien, et que je ne le parle pas !
Une musique qui vous rappelle Lisbonne ?
Venham Mais Cinco, de José Afonso. Je l’ai entendu pour la première fois lors de la dernière célébration du 25 avril et je suis tombée amoureuse immédiatement. Il y a aussi un lien avec le Mozambique, dont je suis à moitié originaire, ce qui la rend encore plus spéciale.
Une saveur ou odeur qui vous rappelle le Portugal ?
Tout dessert à base d’œufs me rappelle immédiatement le Portugal.
Votre mot préféré ?
En portugais, c’est meiga. Il n’y a pas de traduction exacte, mais on l’emploie surtout pour des animaux mignons – et il y en a beaucoup à Lisbonne !
Un mot que vous détestez ?
Espelho. Malgré l’aide de ma mère pour la prononciation, c’est le mot que je n’arrive jamais à dire correctement.
Une œuvre d’art préférée ?
Cette année, j’ai adoré The Unworthy de l’écrivaine argentine Agustina Bazterrica. C’est un roman dystopique sur un monastère maudit en pleine fin du monde. C’est brutal et parfois moche. Dans mon propre art, j’essaie de mêler beauté et laideur – ce livre en est un parfait exemple littéraire.
La musique qui vous donne envie de danser ?
L’Italo disco est mon péché mignon depuis des années.
Avec quelle personnalité, vivante ou décédée, aimeriez-vous dîner ?
Pour le moment, James Baldwin. C’était un activiste des droits civiques, écrivain et icône gay noire. Je viens de commencer à lire ses œuvres et écouter ses interviews. Je trouve que c’est triste qu’il soit mort si jeune.
La dernière fois que vous avez fait quelque chose pour la première fois ?
Le surf – même si ça ne s’est pas très bien terminé !
La rédaction




