Obtenir son permis au Portugal peut sembler un parcours semé d’embûches administratives. C’est pourtant parfois plus rapide qu’en France et surtout plus économique, avec, à la clé, un document valable dans toute l’Union européenne. Modalités d’examen, choix de l’auto-école, cours en anglais ou en français : tout ce qu’il faut savoir avant de se lancer.
Un permis, des clés de voiture et la liberté d’aller à peu près n’importe où. Dans notre imaginaire, conduire reste largement associé à l’indépendance. C’est un rite de passage à la majorité, une promesse de fuite du quotidien, le temps d’un week-end entre amis ou en famille, ou encore un sacré coup de pouce dans la vie professionnelle. Les avantages du fameux sésame ne sont plus à prouver : mobilité au jour le jour, possibilité d’aller chercher du travail dans des zones mal desservies par les transports, capacité à accepter un poste impliquant des déplacements. Si vous êtes résident, que vous n’avez pas le permis et souhaitez sauter le pas, vous vous demandez sûrement s’il est intéressant de le passer au Portugal. Dans la plupart des cas, la réponse est oui.
Des prix avantageux
Premier argument, et non des moindres : le coût. À Lisbonne, il faut généralement compter entre 650 et 800 €, alors qu’en France le prix de départ tourne plutôt autour de 1 300 €. Ajoutez à cela que le permis portugais est reconnu dans toute l’Union européenne : vous pourrez aussi l’utiliser dans l’Hexagone, sans nécessairement devoir l’échanger. Il est valable quinze ans pour les catégories légères, puis cinq ans pour les conducteurs ayant passé les soixante ans, et deux ans pour les personnes âgées de soixante-dix ans et plus.
Les délais peuvent également jouer un rôle non négligeable. En France, de nombreuses auto-écoles annoncent quatre mois d’attente pour le passage de l’épreuve de conduite, voire davantage dans des zones à forte demande, comme les grandes villes, ou en milieu rural, en raison de la pénurie d’examinateurs. Et en cas d’échec – ce qui est le cas d’un candidat sur deux –, il faut patienter environ 80 jours pour une nouvelle date, ce qui retarde considérablement l’obtention de ce document si convoité.
Au Portugal, et particulièrement à Lisbonne, les délais ne sont pas beaucoup plus courts, mais il est possible de passer les examens dans des centres privés agréés (se renseigner sur le site de l’IMT, Instituto da Mobilidade e dos Transportes), ce qui peut permettre de gagner quelques semaines. Le coût est toutefois plus élevé : là où l’examen pratique public revient à une trentaine d’euros, il peut dépasser la centaine d’euros dans le privé, avec la contrainte de devoir payer à nouveau en cas d’échec. Il est donc important d’évaluer cette option avec son auto-école, au cas par cas.
Cours en anglais ou en français
Le principal obstacle, si vous n’êtes pas 100 % à l’aise avec le portugais, reste la maîtrise de la langue. Les examens théorique et pratique sont organisés en portugais, ce qui suppose un minimum de compréhension. Vous pouvez toutefois passer la théorie et la conduite en anglais. Il suffit pour cela d’en faire la demande au moment de l’inscription à l’auto-école, qui se chargera de réserver une session adaptée, soit avec l’IMT, soit auprès d’un centre privé. Certaines écoles disposent également d’instructeurs francophones, ce qui peut faciliter l’apprentissage. En revanche, il n’est pas possible de passer l’examen final en français.
Les premiers pas
La première étape consiste à contacter plusieurs auto-écoles pour comparer les prix, car les écarts peuvent être importants selon les quartiers. L’inscription nécessite de fournir une pièce d’identité, le numéro d’identification fiscale (NIF), un justificatif de domicile et un certificat médical portugais. Les candidats étrangers doivent attester d’au moins 185 jours de résidence au Portugal et ne pas être titulaires d’un permis de la même catégorie, auquel cas celui-ci est déjà valable au Portugal. Les règles d’âge sont proches de celles du reste de l’Europe ; néanmoins, la conduite accompagnée est quasiment inexistante.
Le code, passé sur ordinateur dans un centre d’examen, comprend trente questions et n’autorise que trois erreurs. Pour s’entraîner, plusieurs sites Internet portugais, comme le célèbre O Bom Condutor, proposent des questions type identiques à celles de l’épreuve officielle. Il faut avoir suivi 28 heures de cours théoriques et au moins 8 heures de pratique pour se présenter à la théorie. Les premières leçons de conduite s’effectuent le plus souvent sur simulateur. Comptez ensuite une quinzaine de jours entre la réussite de la théorie et la fixation de la date de l’examen pratique, sachant qu’il est nécessaire d’avoir validé 32 heures au minimum avant de pouvoir passer la conduite.
Devrais-je l’échanger en France ?
Il est important de rappeler que le permis portugais est entièrement valable en France. L’échange contre un document français n’est obligatoire que dans certains cas. Par exemple, si vous retournez vivre en France et que votre permis arrive à expiration, vous devrez le renouveler auprès des autorités françaises. Même chose si vous souhaitez l’étendre à une nouvelle catégorie. Si vous commettez une infraction punie d’un retrait de points, d’une restriction, d’une suspension, ou d’une annulation de votre droit à conduire, vous serez là aussi tenu de l’échanger.
La demande s’effectue intégralement en ligne sur le site de l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), ce qui évite de se déplacer. Pendant l’instruction du dossier, le conducteur conserve son droit de conduire. Seules les situations de perte ou de vol entraînent un coût supplémentaire, fixé à 25 €, pour la délivrance d’un nouveau document.
Mon permis français est-il valable au Portugal ?
À l’inverse, un titulaire d’un permis européen, suisse ou britannique peut circuler au Portugal jusqu’à son expiration, à condition d’enregistrer son adresse dans les soixante jours suivant son installation. Il ne s’agit pas d’un échange, mais d’une simple formalité administrative. Une pièce d’identité, le permis et un justificatif de domicile sont demandés. Lorsque le conducteur possède un Cartão de Cidadão (la carte d’identité portugaise) et que l’adresse qui y figure est à jour, il est dispensé de toute démarche auprès de l’IMT. De nombreux résidents préfèrent aujourd’hui effectuer cette procédure en ligne pour éviter les files d’attente.
Les anciens « permis roses » français constituent une exception : leur échange est obligatoire. Dépourvu de date d’expiration, ce document est incompatible avec les règles administratives portugaises, et l’IMT exige que tous les permis « à validité illimitée » soient convertis lorsqu’un conducteur devient résident. La norme européenne de reconnaissance mutuelle ne s’applique pas aux permis sans date d’expiration, car les autorités locales doivent pouvoir assurer le suivi du conducteur et le contrôle de ses aptitudes médicales.
L’obligation d’échange n’est pas immédiate : vous disposez de deux ans après l’enregistrement de votre résidence au Portugal pour effectuer la démarche. Celle-ci est relativement simple. Il faut d’abord déclarer votre adresse auprès de l’IMT dans les soixante jours après votre arrivée. Ensuite, avant la fin du délai de deux ans, vous devez solliciter l’échange du permis. Le demandeur doit alors remplir un formulaire de l’IMT, fournir une pièce d’identité, un justificatif de domicile, une photo récente, ainsi qu’un certificat médical portugais. Une fois le document local obtenu, les règles redeviennent celles du pays de résidence, notamment en ce qui concerne le certificat médical à partir de soixante ans pour les catégories les plus courantes.
Maintenant que vous savez tout sur l’obtention du permis au Portugal, il ne vous reste qu’une seule chose à faire : prendre la route, à la découverte des régions les plus authentiques du pays, parfois les plus éloignées !
Pour toute question, l’Instituto da Mobilidade e dos Transportes est la référence :
Site : https://www.imt-ip.pt
E-mail : imt@imt-ip.pt
Adresse à Lisbonne : Avenida Elias Garcia, nº 103 – 1050-098 Lisbonne
Téléphone : 210 488 488




