Le Portugal, champion de la production de vélos

LE PORTUGAL, CHAMPION DE LA PRODUCTION DE VÉLOS LE PORTUGAL, CHAMPION DE LA PRODUCTION DE VÉLOS

Depuis le boom du cyclisme consécutif à la pandémie de Covid-19, le Portugal s’est imposé comme le premier producteur de vélos en Europe.
Un succès qui s’appuie sur un savoir-faire de longue date et une industrie à la pointe de l’innovation.

Le pays se hisse ainsi, pour la quatrième année consécutive, à la première place du podium européen, devant l’Allemagne, la Roumanie et l’Italie, et ce malgré une tendance à la baisse (-16,6 % par rapport à 2022, contre -24 % pour l’ensemble de l’Europe).

Après la crise de 2008, grâce aux mesures mises en place par l’Union européenne pour favoriser son industrie et lutter contre la concurrence déloyale, la fabrication portugaise de cycles connaît un premier essor.

Mais c’est après la crise sanitaire que les choses s’accélèrent considérablement.

Alors que la pandémie de Covid-19 impose distanciation sociale et port du masque, les promenades au grand air et le cyclisme gagnent en popularité auprès de nouveaux publics.

« La pandémie a fait exploser la production de vélos au Portugal », explique Gil Nadais, secrétaire général d’Abimota, l’Association nationale de l’industrie des deux-roues.

UN SIÈCLE DE SAVOIR-FAIRE

L’expertise portugaise dans le domaine ne date pourtant pas d’hier. Dès 1922, les premiers deux-roues du pays voient le jour à Porto, où la première usine nationale, Vilar, Vilarinho e Meura, ouvre ses portes. Mais c’est surtout après la Seconde Guerre mondiale que le secteur prend son envol, lorsque plusieurs entreprises britanniques choisissent de délocaliser leur production au Portugal pour réduire les coûts.
Aujourd’hui encore, l’industrie du vélo est largement concentrée dans le nord du pays.

« Il s’agit presque exclusivement d’entreprises portugaises », précise Gil Nadais. Elles produisent ensuite pour de grandes marques internationales.

C’est notamment le cas de RTE Bikes, la plus grande usine d’assemblage de vélos d’Europe, qui travaille pour le groupe Decathlon. Avec 30 ans d’activité au compteur, l’entreprise basée à Vila Nova de Gaia revendique 500 000 vélos assemblés par an.

Spécialisée dans l’assemblage, elle fabrique également des composants, dont des roues, des rayons ou des jantes.

Un peu plus au sud, dans le district d’Aveiro, se trouve Inércia Triangle, pionnière dans l’industrie durable des vélos électriques. Elle est la première usine au monde à produire de manière robotisée des cadres en aluminium pour vélos électriques.Entre 1000 et 1200 pièces y sont créées chaque jour, à partir de matériaux 100 % recyclés.

UNE CHAÎNE DE PRODUCTION STRATÉGIQUE

Avec ces entreprises innovantes sur son territoire, le Portugal entend bien raccourcir les chaînes d’approvisionnement en Europe et réduire sa dépendance aux fournisseurs asiatiques. « Nous sommes en train d’augmenter la production de composants pour qu’un jour nous puissions fabriquer des vélos 100 % portugais », affirme le secrétaire général d’Abimota.

Pour l’heure, la fabrication de composants au Portugal reste secondaire.

En 2023, elle ne représentait que 146 millions d’euros d’exportations, contre 335 millions pour les deux-roues classiques et 278 millions pour les vélos électriques, selon les données d’Abimota. Longtemps premier client des vélos portugais, la France a été détrônée en 2023 par l’Allemagne, suivie de l’Espagne.

par Christina Genet

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