Que faire si mon enfant tombe malade au Portugal ?

La plupart des maladies qui touchent les plus petits en hiver sont bénignes et l’organisme les combat tout seul. Comment savoir quand il est temps de consulter un médecin ? Et comment fonctionne le parcours de soins pédiatriques au Portugal ?

Quand le froid arrive, la fièvre, la toux et les nuits difficiles font leur retour. Dans les crèches et les écoles, il suffit d’un éternuement pour que le rhume commence à circuler et, en quelques jours, la moitié de la classe se retrouve avec un mouchoir à la main. Mais l’hiver n’est pas seulement synonyme de rhumes : bronchites, grippes et otites sont fréquemment au rendez-vous. Face à tant de nez qui coulent et de thermomètres qui sonnent, les parents s’interrogent : s’agit-il « juste » d’un rhume ou de quelque chose de plus sérieux ?

La plupart des maladies qui touchent les enfants à cette période de l’année sont des infections bénignes, provoquées par des virus que le corps élimine spontanément. Ces infections sont causées par des micro-organismes (virus ou bactéries) capables d’envahir les cellules humaines et de s’y multiplier. Mais tous les micro-organismes ne se valent pas : certains sont plus agressifs que d’autres, et chacun déclenche des symptômes différents.

Le rhume : champion de l’hiver

Nous le connaissons tous très bien : c’est l’une des infections les plus fréquentes chez les plus petits, et aussi l’une des plus inoffensives. Il peut être provoqué par plus de 200 virus différents, comme les adénovirus, les coronavirus ou les rhinovirus. Tous sont très contagieux, mais heureusement peu dangereux.

Le rhume s’installe dans les voies respiratoires supérieures (nez et gorge), provoquant un nez qui coule, des éternuements, des maux de gorge et parfois une légère fièvre. Il dure généralement une à deux semaines et l’organisme s’en débarrasse tout seul grâce au système immunitaire. Cela signifie que, dans ce type d’infection, la prise éventuelle de médicaments ne « tue pas le virus » : elle sert uniquement à soulager les symptômes.

Selon le Serviço Nacional de Saúde (Service national de santé, SNS), « en général, aucun traitement n’est nécessaire et l’essentiel est de soulager les symptômes ». Le repos, une bonne hydratation et les boissons chaudes sont les meilleurs alliés. Les médicaments comme le paracétamol ne doivent être utilisés qu’en cas de fièvre ou d’inconfort.

Il s’agit de l’infection la plus courante. Il est normal qu’un enfant en bonne santé de moins de 6 ans ait entre 6 et 8 rhumes par an, avec des symptômes pouvant durer jusqu’à 14 jours. Chez les enfants plus âgés et les adultes, on observe généralement 2 à 4 rhumes par an, avec des symptômes allant entre 5 et 7 jours.

Les grippes et les « ites »

La grippe, bien qu’elle aussi virale, se distingue du rhume. Contrairement à ce dernier, qui « attaque » surtout les voies respiratoires supérieures, la grippe provoque des symptômes plus intenses et plus généralisés. Un mal de gorge peut apparaître, mais le nez est rarement bouché. Les symptômes les plus courants sont des douleurs musculaires et articulaires, une sensation de fatigue marquée et une fièvre plus élevée.

Cette année, le gouvernement portugais a décidé de rendre le vaccin contre la grippe gratuit pour les enfants de 6 à 23 mois. Même si l’on n’a pas de médecin de famille, il suffit de se présenter dans un centre de santé ou dans une pharmacie participante pour programmer la vaccination.

La grippe fait partie des infections de gravité modérée typiques de l’hiver. On y trouve aussi les amygdalites, les pharyngites et les otites (ainsi que d’autres « ites »), qui provoquent l’inflammation des amygdales, du pharynx ou de l’oreille, respectivement. La grande majorité d’entre elles (entre 80 et 90 %) sont d’origine virale. 

L’un des virus les plus courants est le virus respiratoire syncytial (VRS). Il se manifeste généralement par des symptômes légers, proches de ceux d’un rhume, mais est aussi une cause fréquente de bronchites et de pneumonies. Toutefois, il est particulièrement dangereux chez les nourrissons de moins de six mois. C’est pour cette raison qu’un vaccin gratuit est proposé, jusqu’à fin mars 2026, aux enfants nés entre le 1er juin et le 15 septembre 2025.

Une partie de ces infections peut également être causée par des bactéries, et il n’est pas toujours simple de le déceler. Lorsque le « coupable » est une bactérie, la fièvre a tendance à être plus élevée et les maux de gorge sont plus intenses, comme dans une amygdalite, par exemple, avec parfois la formation de pus sur les amygdales (les fameuses « petites boules blanches »).

Dans ces cas, un antibiotique est nécessaire, mais uniquement lorsqu’il est réellement indiqué. L’usage excessif d’antibiotiques augmente en effet la résistance bactérienne, un problème croissant dans le monde entier. Si les symptômes persistent, la recommandation est d’appeler le numéro du SNS 24 (808 242 424), qui vous orientera vers la solution la plus adaptée – en consultation chez un médecin de famille ou dans un hôpital disposant d’un service d’urgences pédiatriques. En cas d’infection virale, la prise d’analgésiques (comme le paracétamol) ou d’anti-inflammatoires (comme l’ibuprofène) peut aider à supporter les jours les plus difficiles.

Ce n’est pas la faute du froid

Une idée reçue très répandue est de penser que les infections sont dues au froid. Rien n’est plus faux. Elles sont provoquées par des agents pathogènes comme des virus ou des bactéries. Même avec tout le froid du monde, si ces micro-organismes ne sont pas présents, il n’y aura pas d’infection. Mais alors, pourquoi ces infections sont-elles plus fréquentes quand la température chute ?

Les raisons sont nombreuses, mais l’une des principales est que les virus et les bactéries survivent et se multiplient davantage dans des environnements froids et secs. S’y ajoute le fait qu’en hiver, nous passons plus de temps dans des lieux clos, peu ventilés et avec beaucoup de monde, comme les logements, les écoles et les transports. Il est donc plus probable d’attraper une grippe dans un centre commercial plein de personnes qui toussent que dans un parc en plein air, même s’il fait froid.

Mais si cela arrive, pas de panique. Les infections ne sont rien d’autre qu’une réaction normale de jeunes organismes qui rencontrent ces virus pour la première fois. Moins un enfant est habitué aux microbes, plus il réagira – donc avec davantage de symptômes –, ce qui, au fond, est le signe d’un système immunitaire qui apprend et se renforce. Même fatigantes, les infections font partie du développement normal de tout-petits. Chaque fièvre, chaque toux, chaque microbe aide le corps à construire ses défenses.

Que faire lorsqu’un enfant tombe malade ?

Si la situation n’est pas urgente, le mieux est de se rendre dans une Unidade de Saúde Familiar (USF). Les enfants y sont toujours reçus. Même sans numéro d’utente (« usager ») ou sans médecin de famille attitré, un soignant sera toujours disponible pour une « Consulta Aberta » (« consultation ouverte »). En cas d’urgence, appelez le SNS 24 (808 242 424) : des infirmiers spécialisés vous indiqueront le service d’urgences pédiatriques le plus proche. Vous pouvez également vous rendre directement à l’hôpital. Voici quelques-uns des centres les mieux équipés à Lisbonne et à Porto :

  • Hôpital Dona Estefânia – R. Jacinta Marto 8A, 1169-045 Lisbonne – Tél. : 213 126 600
  • Hôpital Santa Maria – Av. Prof. Egas Moniz MB, 1649-028 Lisbonne – Tél. : 217 805 000
  • Hôpital Beatriz Ângelo – Av. Carlos Teixeira 3, 2674-514 Loures – Tél. : 219 847 200
  • Hôpital Garcia de Orta – Terreiro do Paço, Almada212 940 294
  • Centro Materno-Infantil do Norte – Largo da Maternidade de Júlio Dinis 17, 4050-651 Porto – Tél. : 222 077 500
  • Hôpital de São João – Alameda Prof. Hernâni Monteiro, 4200-319 Porto – Tél. : 225 512 100

Au Portugal, tous les enfants sont pris en charge gratuitement, qu’ils disposent ou non de documents de résidence.

Quelles sont les différences vaccinales entre le Portugal et la France ?

Les programmes de vaccination pour les enfants au Portugal et en France sont très proches, car les deux pays suivent les recommandations du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies. Voici les principales différences :

  • Hépatite B : au Portugal, le vaccin est administré à la naissance, puis à 2 et 6 mois. En France, la dose à la naissance n’est donnée qu’aux nouveau-nés à risque élevé, mais tous les enfants reçoivent ensuite les doses à 2, 4 et 11 mois.
  • Rotavirus : au Portugal, ce vaccin ne fait pas partie du plan vaccinal, alors qu’en France il est administré à 2, 3 et 4 mois.
  • Rougeole, oreillons et rubéole : au Portugal, une première dose est administrée à 12 mois et la seconde à 5 ans ; en France, la première dose intervient également à 12 mois, mais la seconde entre 16 et 18 mois.

Pour les vaccins contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite et Haemophilus influenzae de type b (Hib), le schéma vaccinal est identique : au Portugal, ils sont administrés à 2, 4 et 6 mois, alors qu’en France, ils le sont à 2, 4 et 11 mois. 

Les vaccins sont réalisés dans les centres de santé. Ils sont programmés par le médecin et l’infirmier de famille.

Joana Ascensão

Partenaire du Lisboète magazine
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