Soins dentaires au Portugal : ce qu’il faut savoir

Soins dentaires au Portugal : tout savoir sur les prix et la qualité Soins dentaires au Portugal : tout savoir sur les prix et la qualité

De plus en plus de français choisissent le Portugal pour leurs soins dentaires, attirés par des tarifs plus avantageux et un niveau de qualité comparable à la France. Tarifs, normes, remboursements, bonnes pratiques et précautions à prendre : Le Lisboète Magazine vous livre les clés pour anticiper votre séjour médical au Portugal.

Alexandre, travailleur aéronautique dans la région de Bordeaux, n’aurait jamais pensé se rendre un jour à l’étranger pour des soins médicaux. Mais en 2018, à 46 ans, son dentiste lui annonce qu’il va devoir remplacer deux dents par des implants, suite à une complication après des caries mal soignées.

« À l’époque, je travaillais en horaire décalé et j’avais tendance à repousser mes rendez-vous médicaux. Quand on m’a annoncé combien cela allait me coûter, j’étais complètement dépité. J’ai fait trois devis différents pour lesquels on me demandait plus de 5000 euros pour deux implants avec couronne. Même avec ma mutuelle, ça revenait cher. »

Un de ses proches, qui connaît bien le Portugal pour y avoir une résidence secondaire, lui souffle cette option. « Au départ, je n’ai pas pris cette éventualité au sérieux : je n’avais aucune idée de la qualité des soins et cela me paraissait compliqué de faire des allers-retours. » Puis, le prix de l’intervention — environ 40 % moins cher qu’en France — lui fait reconsidérer son choix.

« J’ai trouvé une clinique à Faro qui proposait un forfait pour des patients étrangers : implants, couronnes et consultations pour environ 3000 euros », détaille Alexandre. « Il y avait plusieurs francophones dans l’équipe médicale, ils ont pu me faire un devis et réfléchir à la planification des voyages. J’y suis allé une première fois pour mettre les implants, puis quelques mois après pour la pose des couronnes. »
Le Bordelais, qui a même réussi à faire prendre en charge une partie des frais par sa mutuelle française, ne regrette pas son choix : « J’ai été traité avec sérieux et avec le sourire, le personnel était hyper sympa. En plus, j’y suis retourné au printemps, et disons que la vue sur les plages de l’Algarve n’est pas ce qu’il y a de plus désagréable ! »

Comme Alexandre, de plus en plus de Français partent à l’étranger pour se faire soigner. En moyenne, le nombre de dossiers reçus par le Centre national de Soins à l’Étranger (CNSE) — la branche de la sécurité sociale en charge des remboursements des soins réalisés hors de France — progresse de 10 à 15 % par an. Les prestations dentaires sont particulièrement concernées, en raison des honoraires conséquents pratiqués dans les cabinets français, pas toujours pris en charge par la Sécurité sociale. Parmi les traitements les plus recherchés, on retrouve les implants dentaires, les couronnes, les facettes ou encore les traitements de canaux.

DES PRIX ATTRACTIFS, POUR UNE QUALITÉ ÉQUIVALENTE

En moyenne, un implant dentaire coûte entre 800 et 1200 euros au Portugal, couronne et consultations comprises. Une économie considérable par rapport à la France, où la même intervention peut coûter jusqu’à 2500 euros. Cette différence est justifiée par un coût de la vie globalement inférieur (notamment le salaire des praticiens) et une forte concurrence entre les cliniques. La qualité des soins dentaires n’a cependant pas grand-chose à envier à celle de l’Hexagone, les dentistes recevant une formation équivalente, qui répond aux standards européens.

La formation portugaise, de 5 à 6 ans (comme en France), est à peu de choses près la même, certains étant plus centrés sur la pratique et la réalisation de stages en cabinet. L’Union européenne permet d’ailleurs à un dentiste formé à un endroit d’exercer dans un autre. Les collaborations entre praticiens des deux pays sont fréquentes : alors que les dentistes portugais, trop nombreux dans leur pays par rapport à la demande, sont beaucoup plus nombreux à émigrer, ils choisissent en priorité la France (37,5 % en 2023), devant le Royaume-Uni (12,9 %), selon les données de l’Ordre des Médecins Dentistes (OMD).

Attention toutefois à bien différencier les médicos dentistas, des simples dentistas qui n’ont pas forcément suivi une même formation universitaire complète et sont souvent interdits de prescription médicale ou de pratiquer certains actes.

LE BOOM DU TOURISME DENTAIRE

Le Portugal attire ainsi, chaque année, des centaines d’Européens venus chercher le sourire. Les cliniques de Lisbonne, Porto ou l’Algarve redoublent de compétitivité pour séduire une clientèle internationale.
Certaines agences ou cabinets proposent même une prise en charge complète : accueil à l’aéroport, hébergement, transport entre hôtel et clinique, suivi par une équipe médicale francophone, aide aux dossiers de remboursements. L’objectif : rassurer et faciliter le séjour des patients, souvent venus pour des interventions lourdes comme la pose d’implants, le comblement osseux ou encore des extractions chirurgicales.

Une fois la phase de cicatrisation terminée (3 à 6 mois pour des implants), les patients reviennent au Portugal pour la pose définitive de leur couronne ou prothèse, un processus souvent achevé en cinq jours ouvrés. Certains soins peuvent être réalisés en une seule visite, mais c’est plus rare.

Qu’ils soient résidents ou non, les Français qui recourent à des soins au Portugal peuvent bénéficier d’une prise en charge : les patients affiliés à la Sécurité sociale française et à une mutuelle peuvent demander un remboursement en France, tandis que les résidents peuvent recourir à la Sécurité sociale des Français à l’étranger, ainsi qu’à une assurance privée.

Toutes les prestations ne valent cependant pas le coup d’un déplacement, pour les non-résidents : les soins conservateurs (traitements des caries, détartrage, etc.) sont déjà bien encadrés en France. À l’inverse, les implants ou prothèses dentaires (couronnes, bridges) représentent les soins les plus avantageux, avec des économies substantielles à la clé.

Les Portugais disposent d’ailleurs d’une expertise reconnue dans le domaine : le traitement All-on-4, une technique d’implantation dentaire reconnue internationalement, permet de faire tenir quatre implants dans la mâchoire, et a été inventée par le Portugais Paulo Malo.

UNE PRATIQUE MOINS RÉGULÉE

Soins dentaires au Portugal : tout savoir sur les prix et la qualité

Les tarifs varient fortement d’une clinique à l’autre, d’où l’importance de comparer les prestations et de bien vérifier les qualifications du personnel et des cabinets. La médecine dentaire y est, en effet, plus libérale et moins régulée qu’en France. Dans l’Hexagone, les tarifs des soins courants (carie, consultation, détartrage, par exemple) sont codifiés et les dépassements d’honoraires encadrés.

Au Portugal, où la médecine dentaire dépend presque entièrement du privé (sur les quelque 12 000 dentistes que compte le pays, moins de 150 sont intégrés au Service national de santé), ce sont les praticiens qui appliquent les tarifs, à la charge du patient. C’est la raison pour laquelle paradoxalement, alors que les dentistes émigrent dans toute l’Europe ou reçoivent une patientèle étrangère, le Portugal figure dans le top 3 des pays de l’OCDE où la population a le plus de difficultés à accéder à la santé orale, et ce, pour des raisons financières.

Autre différence : le matériel utilisé n’est pas forcément le même. Les règles sont un peu plus souples au Portugal. L’utilisation de scanners 3D intra-oraux y est largement répandue, là où l’Hexagone impose des normes plus strictes en matière de radioprotection. Même constat pour la stérilisation : en France, les dentistes sont tenus d’utiliser des autoclaves dits « de classe B », les plus performants selon les normes européennes, quand cette exigence n’est pas systématique au Portugal.

Avant tout recours à un cabinet dentaire, vous pouvez toujours vous renseigner sur la qualification des praticiens, les homologations de la clinique et les méthodes utilisées. En ce qui concerne les tarifs, le Lisboète vous en dit plus dans les pages qui suivent.

TOURISME DENTAIRE : bien préparer sa venue

Traverser la frontière pour se faire soigner les dents n’est pas sans risque. D’autant qu’il n’y a pas de recours sur le sol français pour une opération qui tournerait mal au Portugal. Si les dentistes français ont des assurances qui indemnisent les patients en cas d’erreur médicale ou de complications, cette garantie n’est pas assurée à l’étranger.

Une bonne préparation permet néanmoins de minimiser les risques et de voyager en toute sérénité. Contacter au préalable le Cleiss, le Centre des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale, peut être intéressant pour obtenir des informations sur les démarches à effectuer avant, pendant et après les soins.

Il est ensuite important de vérifier les qualifications des dentistes, les accréditations des cliniques ainsi que les normes d’hygiène et de sécurité en vigueur. La lecture des avis de patients peut également aider à faire un choix éclairé. Les patients doivent s’assurer que les prothèses utilisées respectent les normes européennes. Il est conseillé de planifier son séjour en fonction des différentes étapes du traitement, en prévoyant un temps suffisant pour la cicatrisation et les suivis post-opératoires. C’est un aspect très important : certains soins, comme la pose d’implants, nécessitent de bien respecter une période de cicatrisation de la gencive et de la mâchoire. Attention à ne pas enchaîner les étapes, sans pause.

Une bonne préparation logistique (transport, hébergement) est aussi indispensable. Enfin, la souscription à une assurance-voyage couvrant les soins médicaux ainsi que l’organisation d’un suivi médical en France au retour sont fortement recommandées pour garantir la continuité des soins.

QUELS REMBOURSEMENTS pour les Français non résidents?

Grâce à la directive européenne 2011/24/UE sur les soins transfrontaliers, les Français peuvent se faire rembourser certains soins dentaires réalisés dans un autre pays de l’Union européenne, dont le Portugal. Aucune autorisation préalable n’est requise pour les soins dentaires dits « ambulatoires » (extractions, implants, prothèses, etc.). La Carte européenne d’assurance maladie (CEAM) n’est pas valable pour les soins programmés : le patient doit avancer les frais, puis envoyer une demande de remboursement après le traitement.
Le remboursement s’effectue sur la base des tarifs appliqués en France (et non sur ceux pratiqués au Portugal), à travers le Centre national de Soins à l’Étranger (CNSE). Il est toutefois important de noter que les soins conservateurs, mieux pris en charge en France, peuvent être moins avantageux financièrement à l’étranger.

Attention : les délais de traitement des dossiers peuvent aller jusqu’à un an, en raison d’un allongement récent des procédures.

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