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Darianna Oleinikova : de la photo au vintage cinématographique

Darianna Oleinikova : de la photo au vintage cinématographique

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Darianna Oleinikova est une photographe ukrainienne originaire d’Odesa dont les images ressemblent à des scènes de film figées dans le temps. Elle focalise son travail sur Lisbonne, Paris et l’Europe entière. Elle collabore avec des célébrités et participe chaque année à des expositions de photographies. Nous avons décidé de l’interroger sur l’origine de sa passion, ses sources d’inspirations, son parcours photographique et son style.

Darianna, vous avez travaillé comme journaliste et spécialiste du marketing pendant de nombreuses années. Qu’est-ce qui vous a amené à la photographie?

Passion de toujours, la photographie a aussi été au cœur de mes activités professionnelles. En tant que journaliste, je réalisais des photos lors de mes voyages pour illustrer des articles; en tant que spécialiste du marketing, je créais  du contenu pour diverses marques, tout en photographiant mes amies durant mon temps libre. 

J’ai décidé de me lancer à plein temps dans la photo à une période où je traversais une profonde dépression après le décès de mon сher père. À l’époque, c’était la seule activité qui me permettait d’oublier ma douleur de l’âme. La photographie est ainsi devenue non seulement une forme de thérapie, mais aussi la vocation de ma vie. Lorsque la guerre à grande échelle a éclaté en Ukraine en février 2022, j’ai été forcée d’abandonner mon foyer. Et à nouveau, la photographie est devenue mon refuge. Aujourd’hui, je suis reconnaissante envers moi-même d’avoir choisi cette voie il y a 7 ans. 

Votre travail s’articule autour d’une esthétique vintage et cinématographique.  Dites nous pourquoi vous avez choisi ce style?

J’ai adopté ce style dès mes débuts, et cela fait maintenant sept ans que je le peaufine. Le cinéma classique, particulièrement les films français, italiens et américains, la musique des années 80, 90 et du début des années 2000, l’âge d’or des supermodels, le vieux Paris, mes photographes préférés Helmut Newton et Peter Lindbergh, mon enfance, mon père et son art de vivre, ma ville natale d’Odesa et ses habitants (surtout dans les années 2000)… Tout cela constitue une source d’inspiration infinie. C’était le cas hier, ça l’est aujourd’hui et ça le restera demain.

Je suis une grande nostalgique, et cette nostalgie est pour moi un moteur de création et une ressource précieuse. C’est aussi, aujourd’hui, une forme d’exutoire face à une réalité instable et complexe. Enfin, j’ai à cœur que chaque client, devant mon objectif, se sente comme le protagoniste de son propre long-métrage.

Si vous deviez choisir une seule chanson pour représenter votre univers photographique, laquelle serait-ce? 

Joe Dassin – Salut.

À l’examen de votre portfolio, Paris semble omniprésent dans votre langage visuel. Qu’est-ce qui, dans cette ville, constitue votre plus grande source d’inspiration ?

Quand j’ai commencé à photographier à Odesa, j’ai écrit sur mon profil: «Je vous photographierai à Odesa comme si vous étiez à Paris». La culture française a profondément marqué mon parcours et, ayant souvent voyagé en France tout au long de ma vie, un lien affectif profond s’est tissé entre nous. J’ai tout naturellement ressenti le besoin de transmettre cette esthétique française à travers mes images.

Au début de ma carrière, mon rêve n’était pas de visiter Paris en touriste, mais d’y projeter mon regard de photographe et d’y collaborer avec mes blogueurs et influenceurs préférés. Il y a deux ans, ce rêve s’est concrétisé et j’ai eu un nouveau coup de foudre pour la capitale. Pour la première fois depuis le début de la guerre, je m’y suis sentie vivante et pleinement moi-même. J’y ai retrouvé ce goût de la vie que je pensais avoir perdu. Depuis, j’y retourne fréquemment pour travailler et me ressourcer. Paris est devenu mon bureau de prédilection. Bien que je réside actuellement à Lisbonne, je continue d’y réaliser la plupart de mes shootings dans un style français. C’est d’ailleurs précisément cette signature que mes clients viennent chercher chez moi.

Votre parcours vous a menée aux quatre coins du monde. Vous avez résidé dans des villes aux identités très marquées. En quoi votre expérience de travail à Odessa, Istanbul, Lisbonne, Barcelone et Paris se distingue-t-elle?

Odesa, c’est mon port d’attache, mon foyer – tout est dit. Istanbul possède une énergie incroyable, une vibration presque électrique qui rappelle la frénésie de New York. Lisbonne se définit par sa douceur de vivre, son rythme plus serein et l’omniprésence de l’océan. À Barcelone, je ressens naturellement l’envie de capturer des «love stories» et des récits d’intimité. Enfin, Paris demeure mon bureau de prédilection, comme je l’évoquais. C’est là que mon processus créatif est le plus intense: c’est une ville où je conçois et je donne vie à une multitude de projets photographiques.

Au fil de votre carrière, vous avez collaboré avec des personnalités publiques и des influenceurs de renom. Pourriez-vous partager quelques-unes de ces expériences marquantes ?

En 2022, à Istanbul, j’ai eu l’immense privilège d’obtenir l’accord personnel de Tom Odell pour couvrir son concert. C’est mon artiste préféré, et ça a été un moment d’une grande émotion pour moi. Durant cette période, j’ai également collaboré avec plusieurs acteurs turcs. À Lisbonne, j’ai eu le plaisir de photographier la top-modèle Rianne ten Haken, figure emblématique de Vogue et des plus grands défilés internationaux; une collaboration vraiment enrichissante. Enfin, à Paris, je travaille régulièrement avec des influenceuses françaises de premier plan telles que Léanne Ansar, Camille Yolaine, Laura Caldirola et bien d’autres.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune photographe?

Ayez foi en vous et en votre signature visuelle. Osez frapper à toutes les portes. Soyez dans une quête constante d’évolution. N’ayez peur de rien. Cultivez votre réseau sans relâche. Et surtout, si le burn-out survient, apprenez à l’accepter. Ne vous culpabilisez pas, vivez cette phase aussi longtemps que nécessaire. C’est souvent au sortir de cet état que l’on fait une véritable percée.

La rédaction

Photo de couverture — portrait de Darianna Oleinikova par Karina Gahulina

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