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Le marché de l’emploi portugais : ce qu’il faut savoir avant de se lancer

Le marché de l’emploi portugais : ce qu’il faut savoir avant de se lancer

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Des conditions de travail à l’échelle des salaires, en passant par les secteurs qui recrutent, comment anticiper au mieux sa vie professionnelle au Portugal ?

Famille, climat, avantages fiscaux, envie d’aventure… Quelle que soit la raison d’un déménagement au Portugal, l’adaptation au pays peut parfois prendre un peu de temps. Pour beaucoup d’expatriés, cette phase d’intégration passe avant tout par le travail. Si la culture locale peut nous sembler familière au premier abord, le marché de l’emploi portugais présente quelques spécificités qu’il est utile de connaître pour réussir son insertion professionnelle. 

L’une des premières questions qui se posent concerne souvent le recrutement. Quels secteurs embauchent ? La maîtrise du portugais est-elle indispensable ? Avec un taux de chômage de 5,8 % en avril 2026 selon Eurostat – un chiffre légèrement inférieur à la moyenne de la zone euro –, le marché du travail portugais se porte actuellement plutôt bien. Les opportunités varient toutefois beaucoup selon les secteurs.

Le développement rapide du tourisme, depuis une dizaine d’années, a entraîné une forte croissance de la demande dans les services, notamment dans l’hôtellerie et la restauration. Grâce à une offre de formations universitaires reconnue dans le domaine des nouvelles technologies, le Portugal dispose également de secteurs des technologies de l’information et de l’énergie très dynamiques. Par ailleurs, la construction fait aujourd’hui partie des secteurs les plus touchés par la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, tandis que les télécommunications sont en plein essor depuis l’installation de nombreux centres d’appel à Lisbonne et Porto. 

Les contrats à privilégier

Dans la plupart de ces secteurs, la maîtrise du portugais n’est pas systématiquement requise. La connaissance de langues étrangères peut même être valorisée, notamment dans les domaines du tourisme ou des télécommunications. Apprendre le portugais reste malgré tout recommandé afin de s’intégrer plus facilement au sein d’une entreprise et de garantir des échanges fluides entre collègues et avec la hiérarchie. 

Avant d’en arriver aux apéros afterwork, mieux vaut également connaître les principaux types de contrats de travail. Au Portugal, il est possible d’être embauché en contrat à durée indéterminée (contrato sem termo), en contrat à durée déterminée (contrato a termo certo) ou en contrat à durée incertaine (contrato a termo incerto). Ce dernier est généralement utilisé lorsqu’une entreprise a des besoins temporaires liés à une mission dont la durée est difficilement prévisible. Comme les contrats à durée déterminée, il peut être converti en CDI une fois la durée légale maximale atteinte – deux ans pour les CDD et quatre ans pour les contrats à durée incertaine. 

Par ailleurs, de nombreuses personnes choisissent le statut d’indépendant via le système des recibos verdes (reçus verts). Plus flexible, ce statut permet de cumuler plusieurs clients, mais il se révèle aussi plus précaire : le travailleur ne bénéficie d’aucune indemnité ou prime de la part des entreprises et doit cotiser lui-même auprès de la Sécurité sociale. 

Du temps de travail à la rémunération

La question des revenus est probablement le sujet le plus sensible lorsqu’on s’installe au Portugal, car c’est souvent là que l’écart avec les pays voisins se fait le plus ressentir. En 2026, un salarié rémunéré au salaire minimum portugais perçoit 920 euros bruts par mois, versés sur 14 mois. Selon Eurostat, ce montant équivaut à 1 073 euros mensuels lorsqu’il est rapporté sur 12 mois, ce qui place le pays à la 12e position de l’Union européenne. Il faut toutefois préciser que ce chiffre ne tient pas compte d’éventuelles indemnités de repas ou prises en charge du titre de transport. 

Contrairement à d’autres pays européens, les revenus évoluent relativement peu au fil de la carrière. D’après l’Institut national de la statistique portugais (Instituto Nacional de Estatística), la rémunération brute mensuelle de base moyenne s’élève actuellement à 1 277 euros, sans compter les indemnités. Près de 80 % des travailleurs percevaient un revenu brut égal ou inférieur à 1 500 euros en juillet 2025, selon des données de la Sécurité sociale (Segurança Social).

La majorité des salariés travaillent 40 heures par semaine, soit la durée maximale normale au Portugal, et bénéficient d’au moins 22 jours de congé par an. Dans les faits, de nombreux Portugais passent néanmoins plus de temps au travail. Ils sont près de 41 % à avoir déclaré, dans une étude d’Eurostat, effectuer entre 40 et 44,5 heures hebdomadaires en moyenne, tandis que 13,1 % dépasseraient les 45 heures de travail par semaine. 

Alors que la culture professionnelle portugaise est déjà connue pour sa flexibilité, le marché de l’emploi pourrait le devenir encore davantage. Le 3 juin dernier, une grève massive a touché le pays en réaction au projet de réforme du travail porté par le gouvernement. Les principaux syndicats dénoncent notamment un texte qui fragiliserait le statut des salariés, faciliterait les licenciements et encouragerait le recours aux heures supplémentaires. Pour l’heure, l’adoption du projet de réforme reste incertaine : le texte est désormais examiné par le Parlement.

Christina Genet

Partenaire du Lisboète magazine
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