Entre vagues accessibles aux débutants, spots pour pratiquants confirmés et culture de la glisse très présente, la région de Lisbonne s’est imposée comme l’une des capitales européennes du surf. Si vous avez toujours voulu vous essayer à ce sport, sans jamais vous lancer, sachez que l’été est une saison propice. Nous avons testé pour vous un cours d’initiation afin de découvrir ce que l’on ressent face aux vagues.
Débutants acceptés ! Si vous souhaitez vivre votre première expérience de surf, faites comme nous : n’hésitez plus. Ce matin-là, nous avons rendez-vous sur la plage de Fonte da Telha, sur la Costa da Caparica. Alex, moniteur à l’école The Echo Surfers, nous accueille chaleureusement. Avant la mise à l’eau, il prend le temps d’observer les conditions du jour : marées, taille des vagues, vent, courants… Rien n’est laissé au hasard.
Après avoir enfilé la combinaison, direction le sable pour l’échauffement. Les premiers exercices paraissent relativement simples : comment se relever, où placer ses pieds, comment garder l’équilibre. Puis vient enfin le moment de se mettre à l’eau. L’océan est le jardin d’Alex. Il en connaît les bancs de sable, les courants et surtout les endroits où trouver de bonnes vagues. Et ce sont bien elles, les véritables stars de la séance. Notre moniteur sélectionne les vagues les plus adaptées et nous fait partir lorsqu’elles commencent à déferler, loin des impressionnants rouleaux réservés aux surfeurs plus expérimentés.
Ici, on reste avant tout dans l’initiation. Alex choisit la vague, nous place au bon endroit et nous lance dessus. Notre mission, elle, paraît beaucoup plus simple sur le papier : réussir à rester debout le plus longtemps possible. Évidemment, les débuts sont loin d’être faciles. On tombe beaucoup parce que l’on se penche trop vers l’avant ou que les pieds sont trop écartés… Le plus souvent, on est davantage en lutte contre l’océan qu’en harmonie avec lui.

Vingt fois sur le métier, remettez votre ouvrage
Il faut affronter les vagues, les encaisser, revenir jusqu’au moniteur avant de recommencer, encore et encore. À chaque tentative, Alex glisse un petit conseil, un détail à corriger, un mot d’encouragement. Jusqu’à ce premier vrai succès. Pendant quelques secondes, tout semble soudain beaucoup plus naturel. La planche glisse, le corps se stabilise, et cette sensation de ne plus faire qu’un avec la vague fait presque oublier tous les efforts précédents. On ressent une sorte de douceur, une fluidité difficile à expliquer tant qu’on ne l’a pas vécue.
Une fois ramenés vers la plage par les vagues, il faut déjà repartir au combat pour rejoindre Alex. Un surfeur venu se mettre à l’eau nous adresse un grand sourire, accompagné d’un geste de félicitation. Un parfait inconnu, simplement heureux de voir un débutant réussir à surfer sa vague. C’est à ce moment-là que l’on comprend l’esprit du surf : cette forme de complicité entre personnes qui ne se connaissent pas, mais vivent les mêmes sensations pendant quelques secondes.
Et c’est aussi ce que l’on retrouve dans les cours collectifs. Cet après-midi-là, chez Surf Lisbon, à Caparica, les participants discutent avant la mise à l’eau ou entre deux vagues, et s’encouragent. Certains viennent autant chercher une activité sportive qu’un moment de convivialité face à l’océan. Ici, parents et ados côtoient des groupes de jeunes amis, venus s’entraîner pendant plusieurs jours. Le spot évolue en fonction des conditions météo. Les conseils n’en sont pas moins personnalisés : les groupes sont formés en fonction des niveaux, et les moniteurs suivent tous les participants.
Chaque école a son identité. The Echo Surfers propose une approche très attachée à l’océan, à l’écologie et à une philosophie presque familiale du surf, notamment avec des combinaisons fabriquées à partir de matériaux recyclés. Surf Lisbon propose de son côté une expérience plus internationale, avec des offres destinées aux étudiants étrangers.
Des spots facilement accessibles
À Lisbonne, les possibilités sont nombreuses. La région compterait aujourd’hui près d’une centaine d’écoles de surf, dans un pays où le nombre de pratiquants est estimé entre 120 000 et 250 000. Elle possède surtout un avantage rare : plusieurs spots réputés accessibles en moins de trente minutes depuis le centre-ville. Au sud de Lisbonne, de l’autre côté du Tage, la Costa da Caparica reste le spot le plus populaire, avec ses longues plages et ses nombreuses écoles.
Facilement accessible en train depuis Lisbonne, Carcavelos attire aussi bien les débutants que les surfeurs expérimentés, tandis que Guincho propose parfois des conditions plus techniques. Au nord de la capitale, Ericeira est devenue une véritable destination surf trip pour les passionnés, tout comme Peniche et ses plages aux tubes parfaits. Dans un autre registre, Nazaré attire les regards du monde entier, grâce à ses vagues géantes affrontées par certains des meilleurs spécialistes de la planète.
Le surf se pratique presque toute l’année autour de Lisbonne. L’été, entre juin et septembre, est la saison idéale pour les débutants. L’automne et l’hiver sont plutôt favorables aux pratiquants confirmés, avec des houles plus fortes. Avant d’envisager une session, de nombreux surfeurs utilisent l’application Surfline afin de consulter les prévisions et les conditions en temps réel : taille des vagues, horaires des marées, vents, courants.
Côté pratique, les écoles proposent aujourd’hui des formules très variées. Cours collectifs, sessions privées, stages sur plusieurs jours, camps de surf avec hébergement, surf trips ou encore cours pour enfants : chacun peut trouver une formule adaptée à son niveau et à son budget. Comptez généralement entre 25 et 40 euros pour une initiation en groupe, avec combinaison et planche fournies. Les prix des cours privés ou des séjours complets peuvent rapidement grimper selon les prestations proposées. Il ne vous reste plus qu’à vous jeter à l’eau !
Dimitri Robinet




